armoni's glob

Pour vivre heureux, vibrons cachés!

29 juin 2007

La photo du Yorkshire

Chers lecteurs encore fidèles,

En ce jour béni de ma naissance, je m'affaire de tous bords afin de préparer une sompteuse réception pour mes amis chéris...Pour vous faire patienter un peu, je vous offre cette photo d'Yvon le Québecois avec Everest, son féroce Yorkshire!

Enjoy!

Everest

Bien à vous!

Armo, une photographe qui sait saisir l'instant! (ou qui a juste un peu de bol!)

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13 juin 2007

Les enfants sont formiiiiiiiidables

C’est dur dur en ce moment !

Je n’ai pas un moment de libre avant le…27 juillet ! je sens que mon assiduité sur ce blog s’en ressent !

Alors, un petit instantané pour la route :

Dimanche en fin d’après-midi, je sortais un gros sac de papiers divers à mettre au recyclage quand je suis tombée sur mes petits voisins dans la cour. Ce sont 3 petits d’origine africaine, les deux sœurs aînées doivent avoir 7 et 5 ans et le petit ne doit pas avoir 3 ans. Ils sont vraiment gentils mais me font toujours de la peine car dès qu’il fait beau et qu’ils ne sont pas à l’école (week end, vacances…) les parents les envoient jouer dans la cour. Ils n’ont jamais aucun jouet avec eux, juste une bouteille d’eau pour ne pas se déshydrater trop en plein soleil dans la cour. La plupart du temps, ils restent assis sur les marches de l’escalier, parfois ils se chamaillent mais plus par désoeuvrement que par désaccord. Bref, me voir mettre des papiers dans le conteneur de recyclage était une vraie attraction pour eux et ils ont insisté pour m’aider. Le tout petit voulait mettre les papiers dans la fente du gros conteneur mais c’était trop haut pour lui alors il me les tendait un par un pour que je le fasse moi-même. Les filles étaient contentes car il y avait des magazines et elle m’ont demandé si elles pouvaient en garder. La plus jeune fille a soudain tiré du sac un vieil exemplaire de Libé, elle a regardé la couverture et a déclaré : « Oh ! C’est Ségolène ! » puis m’a demandé d’un air suspicieux : « Est-ce que t’as voté pour Sarkozy, Marion ? » Euh…non, non t’inquiète pas…

Une fois l’opération recyclage accomplie, les enfants m’ont demandé « Est-ce que tu peux rester un peu avec nous, on s’ennuie ? ». J’avais du boulot mais pas une folle envie de m’y mettre alors je suis allée chercher quelques papiers de couleur, me suis assise dans les escaliers avec eux et j’ai montré aux filles comment faire des origamis. Elles étaient très appliquées mais le petit se sentait un peu abandonné. Il se tenait debout à côté de moi et s’amusait à faire glisser mes lunettes de soleil remontées dans mes cheveux sur le bout de mon nez. Au bout de la 12e fois, ça ne me faisait vraiment plus rigoler alors il a changé de trip : il a joué à m’emmêler les cheveux puis à me taper sur la tête avec un magazine ce qui complique beaucoup la concentration quand on fait des pliages japonais. De temps en temps, il poussait des cris d’exaspération et sa grande sœur lui disait : « Tais-toi sinon, la mémé va encore nous gronder ! »…ah je ne suis pas la seule à me faire engueuler par mémé, donc !

Une fois les origamis achevés, je les ai laissés pour aller me préparer pour une soirée d’anniversaire. Quand je suis ressortie bien habillée et maquillée, les filles m’ont dit « il est trop beau ton rouge à lèvres ! » et le petit qui n’avait pas vraiment articulé une phrase de l’après-midi m’a regardé amoureusement et m’a dit « t’es beeeeeeeeelle ». Je me disais qu’ils étaient vraiment adorables lorsqu’au moment où j’allais passer la porte, une des filles a posé la question qui doit leur brûler les lèvres depuis presque 2 ans : « Il est où le monsieur qui habitait avec toi avant ? » :-s

Euh…il n’habite plus ici…

« Pourquoi ??? Il est en prison ? »

:-ssss Ben non…(pas que je sache).

« C’était ton mari ? »

Bon, les enfants, ça m’a fait plaisir mais je suis pressée là, alors à bientôt, hein ?

Posté par armoni à 10:21 - Mes voisins, mon cauchemar - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 juin 2007

Ma vie de potiche

L’autre jour, un homme en costume, plutôt jeune, m’a abordée sur le quai de la gare pour savoir quel train prendre pour aller je ne sais plus où…après que lui avoir donné l’information qu’il demandait, j’allais m’éloigner lorsqu’il m’a tendu sa carte en disant : « Je suis dans l’évènementiel, si ça vous intéresse de travailler pour moi, appelez-moi. » J’ai répondu « Non merci, j’ai déjà un travail (et j’ai pensé : je suis maît’ de conf’ !!!). Il a insisté « Oui, mais on ne sait jamais, c’est pour escorter des personnalités comme la reine d’Angleterre quand elle vient à Paris ou même Nicolas Sarkozy ! ». J’ai regardé sa carte, ce n’en était même pas une : un petit morceau de papier où était tamponné le nom de sa boite et son adresse. Le truc typique de l’amateur qui vient de lancer sa compagnie…je me suis dit que les personnalités à escorter devaient plutôt être de vagues stars d’émission de télé-réalité, tout au plus.

Le truc c’est que le boulot d’hôtesse, je l’ai pas mal expérimenté au début de mes études…il faut dire ce qui est : comme métier, ce n’est pas très stimulant intellectuellement et il y a mieux pour valoriser l’image de la femme. Même si en bossant sur des salons ou dans des compagnies diverses, j’ai pu découvrir des domaines d’activités super différents et enrichissants, j’en ai gardé un dégoût profond des talons et des tailleurs-jupe.

Mes premières expériences en tant qu’hôtesse et sans doute les pires, furent celles de distribution. A l’époque, les journaux gratuits n’existaient pas mais le quotidien Le Parisien éditait un supplément gratuit : Le Parisien/SNCF. Une fois par mois, je crois, on allait dans les gares les distribuer…les gens n’en avait rien à faire et les jetaient souvent par terre à peine distribués. Je me souviens un jour avoir parlé avec un monsieur qui faisait le ménage dans la gare. Je lui ai dit « Je suis la personne qui distribue les journaux », il m’a répondu « Et moi la personne qui les ramasse ! » J’étais carrément gênée.

La mission durait 4 heures : de 16h à 20h. Quand le groupe d’hôtesses arrivait à la gare, la première chose que l’on faisait c’était estimer la pile de journaux à distribuer. Quand la pile était peu importante nous étions super contentes et motivées car nous savions que si on arrivait à épuisement du stock, on pourrait partir avant 20h et être payées pareil. Du coup, on distribuait à toute allure et comme les suppléments étaient très fins, on en donnait 2 ou 3 à la fois à la même personne. Lors de ma première distribution, j’étais inexpérimentée et naïve. Je m’étais placée en haut d’un escalator alors qu’une de mes collègues distribuait en bas. La plupart des voyageurs arrivaient en haut de l’escalator déjà équipés de leur supplément le Parisien/SNCF. Pire, ceux à qui ma collègue en avait donné 2 ou 3 me les rendaient en disant « Tenez, votre collègue m’en a donné trop ! »…Su-per…merci.

Mais le pire, c’était la tenue réglementaire, l’uniforme le plus humiliant que j’ai porté de ma vie : une jupe genre tailleur bleu électrique avec une veste sans manche qui se fermait avec une fermeture éclair. Sous cette veste-gilet, on portait une sorte de pull fin rouge vif. Sur la veste était écrit « Le Parisien/SNCF ». Avec ça talons, chignon et rouge à lèvre rouge pétasse et le tour était joué !

Je dois dire que le boulot n’était pas si affreux que ça, je faisais ce job en plaisantant, sans me prendre au sérieux, je distribuais toujours plus de journaux que mes collègues car je souriais et disait « bonsoir » tandis qu’elles faisaient la tronche et ne disaient rien.

Par contre nous avons vécu des moments très difficiles. La pire fois eut lieu par un après-midi de décembre, nous étions à la gare de l’Est et il faisait -10°C dehors. La gare était pleine de courants d’air et nous avions super froid.

Mais le pire n’était pas là.

En cette froide journée, la SNCF était en grève.

Imaginez la scène : les usagers SNCF rentrent du boulot, ils sont fatigués, stressés et furieux à cause de la grève qui va leur faire perdre des heures avant de pouvoir rentrer chez eux. Ils sont enragés, veulent hurler leur colère sur quelqu’un et que voient-ils, juste aux abords des quais, sous le panneau d’affichage des trains bardé de mentions « supprimés » ou « retardés », hum ? Que voient-ils ? Une jeune fille sans défense arborant un uniforme étiqueté SNCF…la cible facile, le bouc émissaire idéal que les personnels de la SNCF étaient trop contents d’avoir. Ce jour-là, je me suis fait traiter de tous les noms, insultée « salope », « pétasse », « fonctionnaire »…une femme en furie est même venue donner de grands coups de pieds dans ma pile de journaux qui a volé dans tous les sens. Inutile de leur expliquer que je n’y étais pour rien, que moi aussi j’étais victime de la grève, que je payais comme eux ma carte de transport…inutile…ils ne voulaient rien savoir. Alors je continuais à me geler les mains en distribuant des journaux dont personne ne voulait et je gelais aussi le sourire sur mon visage tandis que les personnels de la SNCF, enfermés au chaud dans le kiosque « Informations Voyageurs », buvaient du café et se marraient.

Pas facile, pas facile.

Depuis ce jour, je suis toujours très aimable et compréhensive face aux jeunes qui font de la distribution, parfois dans le froid, souvent sous la pluie…

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06 juin 2007

A bichiclette…

Bon, les choses bougent pas mal de mon côté depuis plusieurs semaines et je n’ai même pas eu l’occasion de vous raconter deux/trois trucs de mon dernier séjour à Petiteville.

Donc en avril, je suis allée quelques jours rejoindre mes parents à Petiteville. Depuis longtemps, nous parlions de faire une longue balade en vélo parce que le vélo, c’est sympa et parce que le garage de la maison de Petitville est encombré de bicyclettes dont on ne se sert jamais. Oui, parce que mon papa achète des vélos. Il va dans des vides-greniers, des brocantes et il achète des vélos pour une poignée d’euros et les retape. Résultat : on a plus de bicyclettes que de membres de la famille…mais en même temps, on a surtout des vélos de course masculins que seul mon père voire mon frère peuvent utiliser !

Bref. La veille de notre randonnée, j’inspectais les vélos avec ma mère, notamment les 2 seuls VTT (un pour homme et un pour femme) que nous avons. J’ai dit « Zut, sur le VTT femme, il n’y a pas de porte-bidon, ça va être chiant de porter la gourde dans le sac à dos. » Ma mère m’a regardé stupéfaite : « De toutes façons, c’est moi qui prend le VTT femme et ton père prend l’autre. »

Et moi, j’ai quoi ?

Ma mère a désigné du doigt une bicyclette en disant « Ben, tu prends le tiens ! »

Le mien.

Le vélo mauve.

Bon, OK, avant toute chose, je tiens à dire que si ce vélo a été à moi à une époque c’était il y a TRES longtemps. Je pense que j’étais au collège quand on me l’a offert. A l’époque je voulais un vélo de FEMME. Donc, j’en avais choisi un mauve et blanc avec un joli panier devant. Il avait même un cache pour protéger les plateaux pour ne pas se salir les jambes (ou les socquettes blanches) et une grille en plastique blanc sur la roue arrière pour ne pas que la jupe se prenne dans les rayons (comme si j’avais l’idée de faire du vélo en jupe !!!). Un vrai vélo de femme. Je dois avouer que dès le lycée, je suis repassée au VTT car le vélo mauve est hyper lourd et pas du tout adapté aux terrains un peu accidentés (= chemin de terre, cailloux, etc.) J’ai fait l’acquisition d’un VTT rose fushia (ouais no comment sur la couleur) que j’ai bien usé puis prêté à mon frère lorsqu’il s’est fait volé le sien il y a quelques années et qu’il avait besoin d’un vélo pour aller bosser. Pour mon frère, il était hors de question de se montrer publiquement assis sur un vélo rose alors il l’a repeint en noir. Depuis, il m’a rendu le VTT, la peinture noire s’écaille de partout et le rose refait surface. Le VTT est logé dans ma cave à Banlieueville et aurait besoin de nouveaux pneus, d’une nouvelle selle et d’une réparation du dérailleur.

v_lo

THE Vélo!!!

Mais revenons-en à la belle bicyclette mauve de femme, en cette veille de randonnée cycliste…j’ai regardé de plus près l’engin et ai constaté quelques modifications : le protège-chaîne avait disparu, ainsi que le protège-jupe et le panier avait migré de l’avant du vélo vers l’arrière…apparemment, d’autres l’ont utilisé ces dernières années…sûrement une copine de mon frère. Je suis restée perplexe un bon moment devant la bicyclette…comme mes parents osaient-ils me faire ça ? Se prendre les deux VTT et me refourguer le vélo le plus lourd et le plus ringard de la Terre ? J’allais en prendre pour des années de psychanalyse…

paris_roubaix

Paris-Roubaix???

Dès le lendemain, en route pour la balade et première impression, mon vélo n’est PAS DU TOUT adapté aux chemins caillouteux. Ca tremble de partout, je fais 2 fois plus d’efforts que les autres et en plus, il n’y a pas de dérailleur alors je mouline comme une folle pour avancer.

canal

Je marche sur l'eau!

MAIS ! Le vélo mauve a beau avoir les défauts que l’on sait, il conserve un avantage non négligeable : la bonne grosse selle de mémère, bien large et bien confortable. Et lorsqu’au bout d’une heure de randonnée ma mère a commencé à se plaindre du VTT qui lui faisait mal aux fesses, j’ai bien rigolé !!!

joie

Les joies du vélo!

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01 juin 2007

Comment je suis devenue Maître Jedi de la recherche

Bon, bon… Merci de vos félicitations, ça me va droit au cœur ! Je suis tellement heureuse vous n’avez pas idée !! Je vais essayer de vous résumer le tout car ça n’a pas été triste. Je pense que je devrais écrire un bouquin sur le sujet ! J’avais également envisagé de devenir Coach pour audition : me faire du fric en aidant les pauvres jeunes docteurs stressés à faire leurs dossiers de qualification, à faire de bons CV pour leur candidature, à préparer leur speech d’audition, etc.

Donc, évidemment pour ne pas accabler les universités qui ne m’ont pas sélectionnée, je vais leur attribuer quelques noms fantasques.

J’avais donc ratissé large en envoyant 23 candidatures dans 3 sections CNU (je ne suis qualifiée que dans 2 mais je pensais avoir des chances dans la 3e). Au final, j’ai eu 7 auditions, ce qui n’est pas mal mais assez peu par rapport au nombre de dossiers envoyés. Bizarrement, je n’ai pas été auditionnée sur certains postes dans ma discipline alors que dans cette 3e section CNU où je n’étais pas qualifiée, j’ai eu 3 auditions.

Je ne suis pas allée aux 7 entrevues, seulement 4. Principalement parce que 2 avaient lieu le même jour que d’autres et à quelques centaines de kilomètres de distance. Quant à la 3e, je l’ai zappée car le poste ne correspondait ABSOLUMENT pas à ce que je voulais faire et en plus l’université était très peu renommée et dans une petite ville où le TGV ne se rend même pas…bref la misère…d’ailleurs les autres candidats ont dû penser pareil puisqu’en définitive une seule personne s’est présentée à l’audition et elle n’a même pas eu le poste !

Ma première audition a eu lieu à l’Université du Prestige. Si vous vous en souvenez, j’étais assez pressentie pour le poste car la spécialité demandée était un des mots-clés de ma thèse ! D’ailleurs il m’avait semblé que c’était peut-être le seul poste seul lequel j’avais des chances. En plus, pas de candidat local, c’était l’idéal. Finalement, j’ai fini 2e. De ce que j’en ai su après par une personne qui était dans la commission de spécialistes, j’avais conquis une bonne partie des membres après ma prestation orale mais une professeure que je ne connais absolument pas a pris un malin plaisir à descendre mon dossier et finalement, ils ont choisi l’autre fille. Je crois cependant que ça s’est joué à peu de voix.

Après quoi j’étais assez démoralisée…j’ai ensuite passé l’audition à l’Université du Piston où, comme vous le savez, je me suis lamentablement plantée à cause de mon ignorance du gloubiboulga. En plus je n’avais aucune chance contre la Super Candidate Locale.

Après ça, je suis allée à l’Université du Paradis. Cette université là me branchait vachement. Elle est dans une belle région, le laboratoire de recherche est énorme, très dynamique et a plein de fric. Le profil recherché me correspondait très bien mais je savais qu’il y avait une candidate locale. On ne m’avait pas dit que du bien de cette candidate alors j’ai tenté de faire la différence en mettant le paquet sur mon profil de recherche et sur mon côté « sympa ». L’audition s’est très bien passée mais n’ayant aucune réponse de la commission, j’en ai déduis que je n’avais pas le poste.

Mes auditions étaient terminées, je déprimais sérieusement quand, jeudi dernier, j’ai eu le coup de fil de l’Université de Pétaouchnok qui avait oublié de m’envoyer une convocation pour une audition. J’ai dû y aller en catastrophe et préparer ma présentation dans le TGV. Finalement j’ai fini 2e.

Les jours suivants, vous ne m’avez pas beaucoup croisée sur ce blog car j’étais au fond du trou. J’ai déprimé comme jamais : « je n’aurais jamais de poste », « mon profil interdisciplinaire joue contre moi », « l’université française est trop sclérosée », « qu’est-ce que je vais devenir », etc.

Finalement, mercredi matin, j’avais une réunion téléphonique avec une collègue du centre de formation pour lequel je fais de fréquentes vacations. J’ai déposé un dossier de candidature chez eux à la fin de mes auditions, espérant me recycler dans la formation ou du moins subvenir à mes besoins jusqu’au prochaines auditions en mai 2008. Voici un extrait du dialogue avec cette collègue.

M : Salut c’est Marion
C : Ca va ?
M : Mouais
C : Ben, c’est tout ? T’as rien à me dire ?
M : ??? Euh…non…
C : Ah ? T’as rien à m’annoncer, vraiment ?
M : ????????? Ben, non !
C : Ah bon.
M : Vous avez reçu mon dossier de candidature pour le poste ?
C : Euh oui mais…ça sera pas la peine.
M : Quoi ?
C : Mais vraiment, t’es pas au courant ?
M : Mais au courant de quoi ?????????
C : Ben, ça me gène là, c’est pas à moi de t’annoncer ça…
M : Ben là t’en as trop dit…vas-y
C : Ben, il parait que t’as eu le poste à l’Université du Paradis.
M : ???? Comment ça se fait que toi tu sois au courant et pas moi ???
C : En fait tout le centre de formation le sait mais on ne savait pas si on devait te le dire car tu n’as pas eu l’information officiellement.
M : Mais comment VOUS vous le savez ?
C : C’est M. Machin qui était dans la commission de l’Université du Paradis qui a téléphoné à M. Truc qui était dans la commission de l’Université du Prestige qui l’a dit à notre directrice qui me l’a dit.
M : Euh…ouais donc c’est plutôt une rumeur quoi.
C : Ben non ça a l’air sûr.

Mais bon, tant que je n’avais pas la confirmation officielle, je ne savais pas trop quoi en penser…je n’arrivais pas à me réjouir, j’avais peur d’avoir la déception de ma vie si jamais…si jamais…je ne pouvais humainement pas attendre la publication officielle des résultats le 12 juin, c’était trop loin. J’ai passé 2 jours à me torturer l’esprit, à ne pas réussir à ne plus y penser, l’horreur. Finalement, j’ai mis Bibi, ma directrice de thèse, sur le coup. Elle a passé quelques coups de fil, a parlé directement avec la présidente de la com’ de spé’ de l’Université du Paradis qui lui a confirmé la nouvelle et a également déclaré que la décision avait été entérinée par le conseil d’administration de l’université. Donc c’est définitif.

J’étais tellement soulagée !!! Parce qu’avec toutes ces péripéties, j’ai navigué entre l’espoir, le découragement, la déprime, c’était dur. A la fin, je me suis dit que la raison principale pour laquelle je voulais un poste cette année, c’était pour ne pas avoir à remettre ça l’année prochaine !

En tous cas, si vous êtes arrivés à la fin de ce long post, je voulais vous remercier de vos encouragements et je vous garantis que de nouvelles aventures vont certainement voir le jour sous peu car je vais déménager dans une nouvelle région dès cet été. D’ailleurs, hier soir, je n’ai pas pu m’empêcher de hurler à travers le plancher « Adieu Mémé !!!!! ».

Posté par armoni à 11:49 - Armo cherche du boulot - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mai 2007

Purée...

J'ai un poste de maître de conférences!!!!!!!!!!!!!!!!!

Un super poste! J'en ai pleuré de joie!!!

Je suis tellement soulagée, vous n'avez pas idée, j'ai été tellement stressée ces dernières semaines!!!

Je reviens bientôt avec des détails!

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25 mai 2007

Ca n'arrive VRAIMENT qu'à moi!!!

Dans la série, ça n’arrive qu’à moi, j’en ai une super.

Après avoir passé la journée de mercredi à déprimer genre « Je n’ai pas eu de poste, je ne suis bonne qu’à faire 2e derrière un candidat local » ou « Dans ce pays on ne valorise pas l’interdisciplinarité », etc. Je m’apprêtais hier matin à aller bosser au labo où je n’ai pas mis les pieds depuis 2 semaines. Je préparais mon sac pour le hammam où je devais aller dans la soirée avec ma collègue italienne, Carla, quand à 8h55 mon téléphone a sonné.

- Allo ????
- Melle Armoni ?
- Ouiii ?
- C’est l’université de Pétaouchnok…euh…est-ce que vous pourriez venir passer une audition ?
- Euh…aujourd’hui ? A Pétaouchnok ? (merci de me prévenir au dernier moment)
- Oui, si vous pouvez…bon, je vais vous expliquer ce qui s’est passé. En fait nous avons complètement oublié de vous envoyer la convocation pour l’audition. Mais vous avez l’un des meilleurs dossiers et nous aimerions beaucoup vous entendre.
- Ben euh…OK…il faut que je sois à Pétaouchnok à quelle heure ?
- Quand vous voulez, quand vous pouvez…on enverra quelqu’un vous chercher à la gare car l’université est assez éloignée du centre de Pétaouchnok.
- Bon, ben, je vais regarder les horaires de train et je vous rappelle. Pouvez-vous m’envoyer le profil du poste ? (Car je ne me souvenais même plus que j’avais postulé chez vous).

Et me voilà en route pour Pétaouchnok. Dans le train, je prépare un Power Point pour structurer ma présentation orale. Je lis quelques bouquins car le profil stipule « connaissance du Gloubiboulga essentielle ». Et je débarque à Pétaouchnok à 12h. Je n’ai même pas eu le temps de stresser. Au lieu du tailleur-pantalon habituel, j’ai la tenue que j’aurais porté pour aller au labo, je n’ai même pas le texte de ma présentation orale mais je le connais par cœur. Bref, j’y vais à l’arrache.

A la gare de Pétaouchnok, 2 personnes m’attendent avec la voiture de l’université. Une fois sur place, les gens sont aux petits soins, ils ne savent pas quoi faire pour se faire pardonner de leur monumentale erreur…et ils savent que j’aurais pu faire annuler la commission. Bon, là je fais une pause : l’université de Pétaouchnok, je la connais de réputation car une des mes meilleures amies est en poste là-bas et je pense que c’est la pire fac de France au niveau de l’organisation. La preuve.

Bref, je passe devant la commission de spécialistes. Ca se passe super bien. J’ai pas le profil à 100% mais je me défends. Ils me posent uniquement des questions sur ma thèse (pas de gloubiboulga, ouf !). Je sors et j’attends un peu car les trois autres candidats étant passés dans la matinée, la commission est en train de délibérer. Puis, le président de l’université sort et tend un papier à une secrétaire avec le classement. Je dois accompagner cette secrétaire jusqu’à son bureau pour consulter les horaires de train sur Internet. En chemin, elle me montre les résultats. Et je vous le donne en mille : je suis deuxième. Bon, je ne suis pas du tout déçue car j’avais déjà fait mon deuil des postes cette année et en plus je n’avais pas une folle envie de ce poste…ni d’emménager à Pétaouchnok, d’ailleurs. Et je dois dire que ce qui est important pour mon estime de moi, c’est que j’ai fini 2e dans une discipline qui n’est pas la mienne et je me suis payée le luxe de passer devant les deux candidats locaux et pour une fois…ça fait du bien !

PS: Message personnel: toi, jeune doctorant(e) qui lit ces pages, sache que le plus dur est devant toi!

 

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23 mai 2007

Il faut de tout pour faire un monde!

Bon, je ne vous décris pas ma dernière audition dans le sud de la France qui s’est super bien passée mais comme je n’ai pas de nouvelle, je suppose que j’ai pas eu le poste.
Je ne vous raconte pas que j’en veux à la terre entière ou au moins au monde la recherche de m’avoir laissée sur le carreau.
Je ne vous confie pas à quel point je hais les candidats locaux.

Non, non…à la place je vais vous raconter mon week end à la montagne et en profiter pour être méchante un peu car je suis dans ma période amère.

 

montagne

 

J’ai passé ce long week end de l’Ascension à la montagne donc, pour un stage d’Arts Martiaux. C’était super sympa, il faisait un temps incroyable (j’ai même bronzé) et faire du sport au milieu de la nature magnifique : forêt, montagne, rivière et amateurs de capoeira torse nu (qui s’entraînaient sur le même terrain que nous !)

 

capoeira

 

Ca m’a fait un bien fou…un peu de détente au milieu de ces journées d’angoisse et d’attente d’auditions. Le bonheur !

 

pratique

 

Sauf…que même si j’adore la plupart des gens qui pratiquent ce sport et que j’aime retrouver/rencontrer des pratiquants des 4 coins de la France. Il y a toujours quelques cas spéciaux.

groupe

Tout d’abord, il y a les naturomaniaques (bon, c’est le petit nom que je leur ai donné). Eux, ils sont plus natures que vrais. En général, ils mangent bio et sont végétariens parfois même végétaliens. Les plus extrêmes ne supportent même pas de manger pendant 3 jours dans le restaurant de collectivité et apportent leur propre bouffe. D’ailleurs ils mangent des trucs vraiment étranges comme de la purée de sésame blanc. Bon, je ne voudrais pas avoir l’air de me moquer parce que moi-même je mange très peu de viande et bio quand je peux (et en plus j’adore le sésame) mais j’ai remarqué que leur extrémisme les coupait vachement du groupe. Ils ne font pas vacciner leurs enfants pour ne pas entretenir les lobbys pharmaceutiques, ils organisent leur logement selon les règles du Feng Shui et certains trippent sur le pouvoir des pierres ou sur les énergies magnétiques du monde. Ils commencent souvent leurs phrases par « Mon naturopathe pense que… » ou bien « Depuis que j’ai arrêté de… ». Ce qui me déplait c’est quand ils essaient de me convaincre de faire comme eux et qu’ils tentent de ma faire gober de l’homéopathie ou quand ils me disent que telle ou telle habitude que j’ai est mauvaise pour moi. Il y en a même un qui nous a expliqué qu’il buvait ses urines le matin et j’aurais préféré qu’il ne nous raconte pas ça au petit déjeuner. D’autant plus que je le trouvais pas mal…avant…

Autre phénomène, la fille qui partageait ma chambre : Mélanie. Bon, alors là je précise que les organisateurs ont cru bon d’apparier les participants par chambre en fonction de leur âge. Résultats, je me suis retrouvée dans une chambre avec une fille de mon âge mais c’était à peu près tout ce que l’on avait en commun. Ca m’a rappelé un échange franco-québécois qu’on avait fait au collège. Nous avions rempli une fiche de renseignements et les organisateurs nous avait appariés par points communs : les fans de basket ensemble, les fans de rap ensemble, etc. Ma correspondante et moi étions liées par un point commun solide : nous étions toutes les deux asthmatiques. Ah ! La solide amitié qu’on a pu construire là-dessus ! Ah Les heures passées à discuter de l’asthme et de ses petits bonheurs quotidiens ! Un vrai régal !

Bref…vous l’aurez compris, ce genre d’appariements ne fonctionne pas toujours.

Mais revenons-en à Mélanie…et là ce qui suit n’est pas un témoignage anti-catholique je tiens à le dire tout de suite, mais effectivement ma camarade de chambre était une pratiquante fervente et moi, ben…c’est pas DU TOUT mon trip. Son livre de chevet était un livre de prières, ses CD des chants religieux, lorsqu’elle fredonnait des chansons c’était également des chants catholiques, etc. Le samedi après le dîner, nous nous demandions où était passée Mélanie car elle avait disparu depuis un moment. Elle était en fait descendue au village pour aller à la messe. Bon, vous vous imaginez bien que la différence d’univers dans lesquels nous évoluons a réduit considérablement les sujets de conversation. Impossible de lui confier que je trippais à mort sur la belle paire de fesses d’Angelo, l’instructeur italien !!! Ben, non…mais le pire n’est pas là.

Le premier soir, Mélanie m’a fait une remarque sur le fait que je m’étais maquillée pour faire du sport. Eh oui, je dois avouer cette faiblesse : je suis coquette et je n’aime pas ne pas être maquillée (même pour sortir acheter le pain). Après cette aveu de ma coquetterie, Mélanie a rétorqué : « Moi, c’est tout le contraire : je ne me maquille jamais, je me brosse les cheveux rarement et je me lave les dents tous les 36 du mois ! »  :-s

Devais-je lui préciser que se laver les dents n’était pas une question de coquetterie mais d’hygiène ? Je ne dis rien. Mais je remarquais qu’effectivement, Mélanie ne s’est pas lavé les dents de tout le séjour et qu’en plus elle n’avait même pas apporté sa brosse à dents. En fait, les seules affaires qu’elle avait déposées dans la salle de bains étaient son téléphone portable et son chargeur branché sur la prise du rasoir. D’ailleurs elle ratait constamment les innombrables appels de sa mère. J’ai pu constater que Mélanie n’était pas très portée sur l’hygiène d’une manière générale car il lui est arrivé de zapper la douche après 3 heures d’entraînement intense en plein soleil…herk…

 Enfin, j’aime aussi ce genre de stage pour l’opportunité qu’il me donne de rencontrer des gens…très différents !

nuage

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17 mai 2007

Massacre à la chercheuse

Ce matin j’ai passé une nouvelle audition pour un poste. Honnêtement, ce fut le pire entretien d’embauche de ma vie. Bon, en même temps passer une entrevue le jour même et à l’heure exacte de l’intronisation de Président Sarko, j’avais interprété ça comme un mauvais présage. Un vrai massacre.

C’est un peu de ma faute car j’avais ratissé large quand j’ai envoyé des dossiers de candidature et je n’ai pas toujours bien fait attention au détail des profils de postes. Du coup j’ai candidaté parfois sur des postes pour lesquels il fallait une spécialité que je n’ai pas. Mais c’est un peu aussi la faute des commissions de spécialistes qui me sélectionnent pour une audition alors que je ne conviens pas à ce qu’ils recherchent. Tout ça pour avoir leur quota de candidats auditionnés.

Donc ce matin, je me suis rendue dans un établissement sans trop y croire car je savais qu’ils recherchaient une personne spécialisée, disons, en gloubiboulga, domaine que je maîtrise mal et qui en plus me laisse profondément indifférente et sceptique. Mais bon, j’avais joué le jeu et acheté un bouquin sur le sujet pour me documenter un minimum.

Comme je suis arrivée en avance, j’ai pu discuter un peu avec la candidate me précédant qui attendait son tour. Extrait :

Moi : Alors…euh…c’est la première année que tu candidates comme maître de conférences ?
Elle : Oui.
Moi : Ah…et euh…tu fais quoi depuis que tu as soutenu ta thèse ?
Elle : Ben, en fait je bosse déjà ici.
Moi : Ah ? Euh c’était sur quoi ta thèse ?
Elle : Sur le rôle du gloubiboulga dans notre discipline.
Moi : Whaou…c’est justement ça qu’ils recherchent…
Elle : Ouais.

Bon, une fille qui bosse déjà sur place et dont le sujet de thèse est quasiment le profil du poste demandé, c’est évidemment une vaste mascarade. Pendant que nous parlions, le personnel de l’établissement qui passait dans le couloir lui adressait des sourires et des « on croise les doigts pour toi » et moi j’étais inexistante. Puis on l’a appelée pour l’entrevue. Moi j’étais là assise sur ma chaise, j’avais envie de me marrer. Cette situation était tellement ridicule. Cette fille avait écrit sur son front « Candidate locale » et moi, je me demandais ce que je foutais là. Tout à coup, j’ai vraiment ri en réalisant que le bouquin que j’avais acheté pour me documenter sur le gloubiboulga avait été écrit par cette même candidate ! Débile. Je me suis demandée si je n’allais pas me casser directement et éviter d’aller dépenser de l’énergie pour un poste sur lequel je n’avais aucune chance. Mais comme je suis une fille dotée d’un sens pratique hors du commun je me suis dit que j’allais rester quand même et saisir au moins cette occasion de me faire connaître des membres de la commission.

Mauvaise idée…

Après ma présentation orale de 10 minutes, ils ont attaqué les questions. A l’assaut ! Le massacre a commencé. Vous avez de l’expérience dans tel domaine ? Euh non, pas vraiment. ET en ce qui concerne le gloubiboulga, quelles sont vos compétences ? Qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce que cela peut apporter à notre discipline ? J’avais une folle envie de répondre « rien du tout, c’est sans intérêt, c’est juste une mode » mais à la place j’ai maladroitement argumenté comme je le pouvais et une membre du jury m’assénait des « soyez plus précise, donnez moi des exemples concrets ». Je piétinais, galérais, restais évasive. Pour moi, qui suis une fille très à l’aise à l’oral et capable de rebondir, c’était une torture. J’étais incapable d’improviser, d’inventer. Je ne faisais que révéler mon ignorance du gloubiboulga. J’avais envie de leur dire « Bon, ben, c’est bon, vous avez constaté que je ne suis pas compétence pour ce poste, lâchez moi maintenant, arrêtez de vous acharner sur ma carcasse d’ex-jeune chercheuse brillante! » Je détestais la situation : donner cette image négative de moi, une horreur. Soudain, ce n’était évidemment plus le poste qui était en jeu mais ma crédibilité de chercheuse, je devais rebondir. Et c’est là qu’un des membres du comité m’a sauvé la vie en me tendant une perche à laquelle je me suis agrippée de toutes mes forces : il m’a posé une question sur ma thèse. Je pense qu’à ce moment mon visage s’est illuminé. J’ai littéralement senti le soulagement m’envahir. Je me suis dit qu’il fallait que je ruse. Que je réponde à sa question en montrant que je maîtrise parfaitement le sujet et leur donner envie de poursuivre l’entretien dans cette voie. Ca n’a pas loupé. Convaincue de l’intérêt de mon travail, j’ai transmis ma passion aux membres du comité qui soudain, intéressés par ma prestation se sont mis à me bombarder de questions sur le sujet. Jusqu’à la fin de l’audition. Une fin apaisante puisque la prof qui avait exposé au grand jour ma pathétique ignorance du gloubiboulga a fini par me demander où elle pouvait trouver ma thèse pour pouvoir la lire.

Je n’aurai évidemment pas ce poste mais au moins mon honneur est sauf et ça, c’est bon pour mon estime personnelle.

J’ai une dernière grosse audition lundi, en province. Je rêve de ce poste mais je commence à être un peu découragée pour cette année et me dire que je dois attendre l’année prochaine pour recommencer, c’est dur. En tous cas, je ne postule plus sans regarder le détail du profil ! J’ai eu 6 auditions cette année mais au final je ne vais qu’à 3 puisque évidemment, il y en a plusieurs le même jour à plusieurs centaines de kilomètres de distance et je tiens à rester humaine.

Posté par armoni à 00:07 - Armo cherche du boulot - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mai 2007

Le vrai vote utile, c’est le mien!!!

Mes chers compatriotes,

J’ai entendu les plaintes des Françaises et des Français. J’ai lu la frustration dans les yeux de certains, j’ai vu la misère (sexuelle) à chaque coin de rue. Voilà pourquoi, mes chers compatriotes, si je suis élue présidente, je promets d’équiper chaque foyer d’un vibromasseur (avec une préférence pour le dauphin rose).

Aujourd’hui, dans un pays comme le nôtre qui se veut démocratique et moderne, il n’est plus acceptable que certains aient accès au plaisir et d’autres non. Je m’insurge contre cette injustice qui accroît davantage les inégalités dans notre pays.

Je connais bien les arguments de mes détracteurs, ceux qui prônent une sexualité moyenâgeuse et réactionnaire. Monsieur Jean-Marie LePénis, président du Front Naturel (FN), qui prêche un retour à des pratiques sexuelles dépouillées de tout exotisme et qui promet aux Français un autodafé afin de supprimer tous les exemplaires du Kama Sutra, ouvrage étranger ayant, selon lui, perverti nos esprits. Oui, mes chers amis, Monsieur LePénis exige que nous nous limitions à la position du missionnaire puisqu’elle semble être une des plus propices à la reproduction.

Certes le Front Naturel est un parti d’extrême mais que dire de Monsieur Kozyzy, président de l’Union Masculine des Pénis (UMP)? Lui qui vous promet que vous aurez plus de plaisir en travaillant plus : « travailler plus, pour jouir plus ! » Lui qui s’oppose aux 35h alors que chacun sait que la Réduction du Temps de Travail libère pour chaque travailleur du temps pour l’activité sexuelle!

Et Madame Sexolène du Parti Sexologiste (PS) qui pense que l’utilisation des vibromasseurs isolera davantage les Français, les rendra plus égoïstes, individualistes, que si chacun a recours a son vibro seul chez lui, il n’ira plus tendre la main vers l’autre ? Eh bien, en vérité je vous le dis, une autre fraternité est possible. Tendons la main (armée de vibromasseurs) vers les autres.

Plus épanouie sexuellement, la France sera plus libre, le moral des ménages sera à la hausse et le pouvoir d’achat remontera.

Oui, vous les frustrés, les oubliés du sexe, les meurtris du plaisir, je vous ai entendu, et si je suis élue, je ne vous décevrai pas, je ne vous trahirai pas.

Posté par armoni à 15:17 - Pèle-mèle - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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