Bon, bon… Merci de vos félicitations, ça me va droit au cœur ! Je suis tellement heureuse vous n’avez pas idée !! Je vais essayer de vous résumer le tout car ça n’a pas été triste. Je pense que je devrais écrire un bouquin sur le sujet ! J’avais également envisagé de devenir Coach pour audition : me faire du fric en aidant les pauvres jeunes docteurs stressés à faire leurs dossiers de qualification, à faire de bons CV pour leur candidature, à préparer leur speech d’audition, etc.

Donc, évidemment pour ne pas accabler les universités qui ne m’ont pas sélectionnée, je vais leur attribuer quelques noms fantasques.

J’avais donc ratissé large en envoyant 23 candidatures dans 3 sections CNU (je ne suis qualifiée que dans 2 mais je pensais avoir des chances dans la 3e). Au final, j’ai eu 7 auditions, ce qui n’est pas mal mais assez peu par rapport au nombre de dossiers envoyés. Bizarrement, je n’ai pas été auditionnée sur certains postes dans ma discipline alors que dans cette 3e section CNU où je n’étais pas qualifiée, j’ai eu 3 auditions.

Je ne suis pas allée aux 7 entrevues, seulement 4. Principalement parce que 2 avaient lieu le même jour que d’autres et à quelques centaines de kilomètres de distance. Quant à la 3e, je l’ai zappée car le poste ne correspondait ABSOLUMENT pas à ce que je voulais faire et en plus l’université était très peu renommée et dans une petite ville où le TGV ne se rend même pas…bref la misère…d’ailleurs les autres candidats ont dû penser pareil puisqu’en définitive une seule personne s’est présentée à l’audition et elle n’a même pas eu le poste !

Ma première audition a eu lieu à l’Université du Prestige. Si vous vous en souvenez, j’étais assez pressentie pour le poste car la spécialité demandée était un des mots-clés de ma thèse ! D’ailleurs il m’avait semblé que c’était peut-être le seul poste seul lequel j’avais des chances. En plus, pas de candidat local, c’était l’idéal. Finalement, j’ai fini 2e. De ce que j’en ai su après par une personne qui était dans la commission de spécialistes, j’avais conquis une bonne partie des membres après ma prestation orale mais une professeure que je ne connais absolument pas a pris un malin plaisir à descendre mon dossier et finalement, ils ont choisi l’autre fille. Je crois cependant que ça s’est joué à peu de voix.

Après quoi j’étais assez démoralisée…j’ai ensuite passé l’audition à l’Université du Piston où, comme vous le savez, je me suis lamentablement plantée à cause de mon ignorance du gloubiboulga. En plus je n’avais aucune chance contre la Super Candidate Locale.

Après ça, je suis allée à l’Université du Paradis. Cette université là me branchait vachement. Elle est dans une belle région, le laboratoire de recherche est énorme, très dynamique et a plein de fric. Le profil recherché me correspondait très bien mais je savais qu’il y avait une candidate locale. On ne m’avait pas dit que du bien de cette candidate alors j’ai tenté de faire la différence en mettant le paquet sur mon profil de recherche et sur mon côté « sympa ». L’audition s’est très bien passée mais n’ayant aucune réponse de la commission, j’en ai déduis que je n’avais pas le poste.

Mes auditions étaient terminées, je déprimais sérieusement quand, jeudi dernier, j’ai eu le coup de fil de l’Université de Pétaouchnok qui avait oublié de m’envoyer une convocation pour une audition. J’ai dû y aller en catastrophe et préparer ma présentation dans le TGV. Finalement j’ai fini 2e.

Les jours suivants, vous ne m’avez pas beaucoup croisée sur ce blog car j’étais au fond du trou. J’ai déprimé comme jamais : « je n’aurais jamais de poste », « mon profil interdisciplinaire joue contre moi », « l’université française est trop sclérosée », « qu’est-ce que je vais devenir », etc.

Finalement, mercredi matin, j’avais une réunion téléphonique avec une collègue du centre de formation pour lequel je fais de fréquentes vacations. J’ai déposé un dossier de candidature chez eux à la fin de mes auditions, espérant me recycler dans la formation ou du moins subvenir à mes besoins jusqu’au prochaines auditions en mai 2008. Voici un extrait du dialogue avec cette collègue.

M : Salut c’est Marion
C : Ca va ?
M : Mouais
C : Ben, c’est tout ? T’as rien à me dire ?
M : ??? Euh…non…
C : Ah ? T’as rien à m’annoncer, vraiment ?
M : ????????? Ben, non !
C : Ah bon.
M : Vous avez reçu mon dossier de candidature pour le poste ?
C : Euh oui mais…ça sera pas la peine.
M : Quoi ?
C : Mais vraiment, t’es pas au courant ?
M : Mais au courant de quoi ?????????
C : Ben, ça me gène là, c’est pas à moi de t’annoncer ça…
M : Ben là t’en as trop dit…vas-y
C : Ben, il parait que t’as eu le poste à l’Université du Paradis.
M : ???? Comment ça se fait que toi tu sois au courant et pas moi ???
C : En fait tout le centre de formation le sait mais on ne savait pas si on devait te le dire car tu n’as pas eu l’information officiellement.
M : Mais comment VOUS vous le savez ?
C : C’est M. Machin qui était dans la commission de l’Université du Paradis qui a téléphoné à M. Truc qui était dans la commission de l’Université du Prestige qui l’a dit à notre directrice qui me l’a dit.
M : Euh…ouais donc c’est plutôt une rumeur quoi.
C : Ben non ça a l’air sûr.

Mais bon, tant que je n’avais pas la confirmation officielle, je ne savais pas trop quoi en penser…je n’arrivais pas à me réjouir, j’avais peur d’avoir la déception de ma vie si jamais…si jamais…je ne pouvais humainement pas attendre la publication officielle des résultats le 12 juin, c’était trop loin. J’ai passé 2 jours à me torturer l’esprit, à ne pas réussir à ne plus y penser, l’horreur. Finalement, j’ai mis Bibi, ma directrice de thèse, sur le coup. Elle a passé quelques coups de fil, a parlé directement avec la présidente de la com’ de spé’ de l’Université du Paradis qui lui a confirmé la nouvelle et a également déclaré que la décision avait été entérinée par le conseil d’administration de l’université. Donc c’est définitif.

J’étais tellement soulagée !!! Parce qu’avec toutes ces péripéties, j’ai navigué entre l’espoir, le découragement, la déprime, c’était dur. A la fin, je me suis dit que la raison principale pour laquelle je voulais un poste cette année, c’était pour ne pas avoir à remettre ça l’année prochaine !

En tous cas, si vous êtes arrivés à la fin de ce long post, je voulais vous remercier de vos encouragements et je vous garantis que de nouvelles aventures vont certainement voir le jour sous peu car je vais déménager dans une nouvelle région dès cet été. D’ailleurs, hier soir, je n’ai pas pu m’empêcher de hurler à travers le plancher « Adieu Mémé !!!!! ».