armoni's glob

Pour vivre heureux, vibrons cachés!

01 juin 2007

Comment je suis devenue Maître Jedi de la recherche

Bon, bon… Merci de vos félicitations, ça me va droit au cœur ! Je suis tellement heureuse vous n’avez pas idée !! Je vais essayer de vous résumer le tout car ça n’a pas été triste. Je pense que je devrais écrire un bouquin sur le sujet ! J’avais également envisagé de devenir Coach pour audition : me faire du fric en aidant les pauvres jeunes docteurs stressés à faire leurs dossiers de qualification, à faire de bons CV pour leur candidature, à préparer leur speech d’audition, etc.

Donc, évidemment pour ne pas accabler les universités qui ne m’ont pas sélectionnée, je vais leur attribuer quelques noms fantasques.

J’avais donc ratissé large en envoyant 23 candidatures dans 3 sections CNU (je ne suis qualifiée que dans 2 mais je pensais avoir des chances dans la 3e). Au final, j’ai eu 7 auditions, ce qui n’est pas mal mais assez peu par rapport au nombre de dossiers envoyés. Bizarrement, je n’ai pas été auditionnée sur certains postes dans ma discipline alors que dans cette 3e section CNU où je n’étais pas qualifiée, j’ai eu 3 auditions.

Je ne suis pas allée aux 7 entrevues, seulement 4. Principalement parce que 2 avaient lieu le même jour que d’autres et à quelques centaines de kilomètres de distance. Quant à la 3e, je l’ai zappée car le poste ne correspondait ABSOLUMENT pas à ce que je voulais faire et en plus l’université était très peu renommée et dans une petite ville où le TGV ne se rend même pas…bref la misère…d’ailleurs les autres candidats ont dû penser pareil puisqu’en définitive une seule personne s’est présentée à l’audition et elle n’a même pas eu le poste !

Ma première audition a eu lieu à l’Université du Prestige. Si vous vous en souvenez, j’étais assez pressentie pour le poste car la spécialité demandée était un des mots-clés de ma thèse ! D’ailleurs il m’avait semblé que c’était peut-être le seul poste seul lequel j’avais des chances. En plus, pas de candidat local, c’était l’idéal. Finalement, j’ai fini 2e. De ce que j’en ai su après par une personne qui était dans la commission de spécialistes, j’avais conquis une bonne partie des membres après ma prestation orale mais une professeure que je ne connais absolument pas a pris un malin plaisir à descendre mon dossier et finalement, ils ont choisi l’autre fille. Je crois cependant que ça s’est joué à peu de voix.

Après quoi j’étais assez démoralisée…j’ai ensuite passé l’audition à l’Université du Piston où, comme vous le savez, je me suis lamentablement plantée à cause de mon ignorance du gloubiboulga. En plus je n’avais aucune chance contre la Super Candidate Locale.

Après ça, je suis allée à l’Université du Paradis. Cette université là me branchait vachement. Elle est dans une belle région, le laboratoire de recherche est énorme, très dynamique et a plein de fric. Le profil recherché me correspondait très bien mais je savais qu’il y avait une candidate locale. On ne m’avait pas dit que du bien de cette candidate alors j’ai tenté de faire la différence en mettant le paquet sur mon profil de recherche et sur mon côté « sympa ». L’audition s’est très bien passée mais n’ayant aucune réponse de la commission, j’en ai déduis que je n’avais pas le poste.

Mes auditions étaient terminées, je déprimais sérieusement quand, jeudi dernier, j’ai eu le coup de fil de l’Université de Pétaouchnok qui avait oublié de m’envoyer une convocation pour une audition. J’ai dû y aller en catastrophe et préparer ma présentation dans le TGV. Finalement j’ai fini 2e.

Les jours suivants, vous ne m’avez pas beaucoup croisée sur ce blog car j’étais au fond du trou. J’ai déprimé comme jamais : « je n’aurais jamais de poste », « mon profil interdisciplinaire joue contre moi », « l’université française est trop sclérosée », « qu’est-ce que je vais devenir », etc.

Finalement, mercredi matin, j’avais une réunion téléphonique avec une collègue du centre de formation pour lequel je fais de fréquentes vacations. J’ai déposé un dossier de candidature chez eux à la fin de mes auditions, espérant me recycler dans la formation ou du moins subvenir à mes besoins jusqu’au prochaines auditions en mai 2008. Voici un extrait du dialogue avec cette collègue.

M : Salut c’est Marion
C : Ca va ?
M : Mouais
C : Ben, c’est tout ? T’as rien à me dire ?
M : ??? Euh…non…
C : Ah ? T’as rien à m’annoncer, vraiment ?
M : ????????? Ben, non !
C : Ah bon.
M : Vous avez reçu mon dossier de candidature pour le poste ?
C : Euh oui mais…ça sera pas la peine.
M : Quoi ?
C : Mais vraiment, t’es pas au courant ?
M : Mais au courant de quoi ?????????
C : Ben, ça me gène là, c’est pas à moi de t’annoncer ça…
M : Ben là t’en as trop dit…vas-y
C : Ben, il parait que t’as eu le poste à l’Université du Paradis.
M : ???? Comment ça se fait que toi tu sois au courant et pas moi ???
C : En fait tout le centre de formation le sait mais on ne savait pas si on devait te le dire car tu n’as pas eu l’information officiellement.
M : Mais comment VOUS vous le savez ?
C : C’est M. Machin qui était dans la commission de l’Université du Paradis qui a téléphoné à M. Truc qui était dans la commission de l’Université du Prestige qui l’a dit à notre directrice qui me l’a dit.
M : Euh…ouais donc c’est plutôt une rumeur quoi.
C : Ben non ça a l’air sûr.

Mais bon, tant que je n’avais pas la confirmation officielle, je ne savais pas trop quoi en penser…je n’arrivais pas à me réjouir, j’avais peur d’avoir la déception de ma vie si jamais…si jamais…je ne pouvais humainement pas attendre la publication officielle des résultats le 12 juin, c’était trop loin. J’ai passé 2 jours à me torturer l’esprit, à ne pas réussir à ne plus y penser, l’horreur. Finalement, j’ai mis Bibi, ma directrice de thèse, sur le coup. Elle a passé quelques coups de fil, a parlé directement avec la présidente de la com’ de spé’ de l’Université du Paradis qui lui a confirmé la nouvelle et a également déclaré que la décision avait été entérinée par le conseil d’administration de l’université. Donc c’est définitif.

J’étais tellement soulagée !!! Parce qu’avec toutes ces péripéties, j’ai navigué entre l’espoir, le découragement, la déprime, c’était dur. A la fin, je me suis dit que la raison principale pour laquelle je voulais un poste cette année, c’était pour ne pas avoir à remettre ça l’année prochaine !

En tous cas, si vous êtes arrivés à la fin de ce long post, je voulais vous remercier de vos encouragements et je vous garantis que de nouvelles aventures vont certainement voir le jour sous peu car je vais déménager dans une nouvelle région dès cet été. D’ailleurs, hier soir, je n’ai pas pu m’empêcher de hurler à travers le plancher « Adieu Mémé !!!!! ».

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31 mai 2007

Purée...

J'ai un poste de maître de conférences!!!!!!!!!!!!!!!!!

Un super poste! J'en ai pleuré de joie!!!

Je suis tellement soulagée, vous n'avez pas idée, j'ai été tellement stressée ces dernières semaines!!!

Je reviens bientôt avec des détails!

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17 mai 2007

Massacre à la chercheuse

Ce matin j’ai passé une nouvelle audition pour un poste. Honnêtement, ce fut le pire entretien d’embauche de ma vie. Bon, en même temps passer une entrevue le jour même et à l’heure exacte de l’intronisation de Président Sarko, j’avais interprété ça comme un mauvais présage. Un vrai massacre.

C’est un peu de ma faute car j’avais ratissé large quand j’ai envoyé des dossiers de candidature et je n’ai pas toujours bien fait attention au détail des profils de postes. Du coup j’ai candidaté parfois sur des postes pour lesquels il fallait une spécialité que je n’ai pas. Mais c’est un peu aussi la faute des commissions de spécialistes qui me sélectionnent pour une audition alors que je ne conviens pas à ce qu’ils recherchent. Tout ça pour avoir leur quota de candidats auditionnés.

Donc ce matin, je me suis rendue dans un établissement sans trop y croire car je savais qu’ils recherchaient une personne spécialisée, disons, en gloubiboulga, domaine que je maîtrise mal et qui en plus me laisse profondément indifférente et sceptique. Mais bon, j’avais joué le jeu et acheté un bouquin sur le sujet pour me documenter un minimum.

Comme je suis arrivée en avance, j’ai pu discuter un peu avec la candidate me précédant qui attendait son tour. Extrait :

Moi : Alors…euh…c’est la première année que tu candidates comme maître de conférences ?
Elle : Oui.
Moi : Ah…et euh…tu fais quoi depuis que tu as soutenu ta thèse ?
Elle : Ben, en fait je bosse déjà ici.
Moi : Ah ? Euh c’était sur quoi ta thèse ?
Elle : Sur le rôle du gloubiboulga dans notre discipline.
Moi : Whaou…c’est justement ça qu’ils recherchent…
Elle : Ouais.

Bon, une fille qui bosse déjà sur place et dont le sujet de thèse est quasiment le profil du poste demandé, c’est évidemment une vaste mascarade. Pendant que nous parlions, le personnel de l’établissement qui passait dans le couloir lui adressait des sourires et des « on croise les doigts pour toi » et moi j’étais inexistante. Puis on l’a appelée pour l’entrevue. Moi j’étais là assise sur ma chaise, j’avais envie de me marrer. Cette situation était tellement ridicule. Cette fille avait écrit sur son front « Candidate locale » et moi, je me demandais ce que je foutais là. Tout à coup, j’ai vraiment ri en réalisant que le bouquin que j’avais acheté pour me documenter sur le gloubiboulga avait été écrit par cette même candidate ! Débile. Je me suis demandée si je n’allais pas me casser directement et éviter d’aller dépenser de l’énergie pour un poste sur lequel je n’avais aucune chance. Mais comme je suis une fille dotée d’un sens pratique hors du commun je me suis dit que j’allais rester quand même et saisir au moins cette occasion de me faire connaître des membres de la commission.

Mauvaise idée…

Après ma présentation orale de 10 minutes, ils ont attaqué les questions. A l’assaut ! Le massacre a commencé. Vous avez de l’expérience dans tel domaine ? Euh non, pas vraiment. ET en ce qui concerne le gloubiboulga, quelles sont vos compétences ? Qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce que cela peut apporter à notre discipline ? J’avais une folle envie de répondre « rien du tout, c’est sans intérêt, c’est juste une mode » mais à la place j’ai maladroitement argumenté comme je le pouvais et une membre du jury m’assénait des « soyez plus précise, donnez moi des exemples concrets ». Je piétinais, galérais, restais évasive. Pour moi, qui suis une fille très à l’aise à l’oral et capable de rebondir, c’était une torture. J’étais incapable d’improviser, d’inventer. Je ne faisais que révéler mon ignorance du gloubiboulga. J’avais envie de leur dire « Bon, ben, c’est bon, vous avez constaté que je ne suis pas compétence pour ce poste, lâchez moi maintenant, arrêtez de vous acharner sur ma carcasse d’ex-jeune chercheuse brillante! » Je détestais la situation : donner cette image négative de moi, une horreur. Soudain, ce n’était évidemment plus le poste qui était en jeu mais ma crédibilité de chercheuse, je devais rebondir. Et c’est là qu’un des membres du comité m’a sauvé la vie en me tendant une perche à laquelle je me suis agrippée de toutes mes forces : il m’a posé une question sur ma thèse. Je pense qu’à ce moment mon visage s’est illuminé. J’ai littéralement senti le soulagement m’envahir. Je me suis dit qu’il fallait que je ruse. Que je réponde à sa question en montrant que je maîtrise parfaitement le sujet et leur donner envie de poursuivre l’entretien dans cette voie. Ca n’a pas loupé. Convaincue de l’intérêt de mon travail, j’ai transmis ma passion aux membres du comité qui soudain, intéressés par ma prestation se sont mis à me bombarder de questions sur le sujet. Jusqu’à la fin de l’audition. Une fin apaisante puisque la prof qui avait exposé au grand jour ma pathétique ignorance du gloubiboulga a fini par me demander où elle pouvait trouver ma thèse pour pouvoir la lire.

Je n’aurai évidemment pas ce poste mais au moins mon honneur est sauf et ça, c’est bon pour mon estime personnelle.

J’ai une dernière grosse audition lundi, en province. Je rêve de ce poste mais je commence à être un peu découragée pour cette année et me dire que je dois attendre l’année prochaine pour recommencer, c’est dur. En tous cas, je ne postule plus sans regarder le détail du profil ! J’ai eu 6 auditions cette année mais au final je ne vais qu’à 3 puisque évidemment, il y en a plusieurs le même jour à plusieurs centaines de kilomètres de distance et je tiens à rester humaine.

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11 mai 2007

Eh ben voilà

J'en étais sûre, je suis la Poulidor de la recherche...encore 2e...pfffffff!

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10 mai 2007

Iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih

Bon, j'ai pas encore la réponse mais ça s'est bien passé. Par contre, j'ai jamais été aussi stressée de ma vie. Ils étaient entre 15-20 dans le comité, j'ai pas pu les compter tellement ils étaient nombreux. C'était impressionnant, je ne savais pas qui regarder!!!

Mais ils m'ont posé essentiellement des questions sur ma thèse, ça avait l'air de les intéresser, il y en avait même un qui l'avait lue! Shocked

Je les ai fait rigoler un peu pour leur montrer que je suis une fille drôle et sympa.

Là, j'attends la réponse, ça me tue...je suis persuadée que ça ne sera pas moi...je le sens pas...enfin je sais pas...je stresse...

Le pire c'est que pendant que j'étais dans le RER, un moment d'inattention et j'ai raté un appel sur mon portable. Je suis sûre que c'était eux...ils m'ont même pas laissé de message....

C'est ignoble de faire attendre les gens comme ça.

Posté par armoni à 19:26 - Armo cherche du boulot - Commentaires [39] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!

Ah ben, je vais vous dire...j'avais mieux dormi la nuit précédant ma soutenance de thèse que cette nuit. D'ailleurs c'est simple, vu la position de ma couette et de mes oreillers ce matin, j'ai dû danser le tango en dormant.

Bon, bref, je me sens pas super...en même temps, je sais, c'est juste un poste mais ça fait 5 ans que je me prépare à ce moment. Toutes ces dernières années, je n'ai pas arrêté de multiplier les expériences (cours, publications, communications, organisation de colloque, participation au conseil d'administration du département...) pour améliorer mon CV en vue de remonter certains handicaps avec lesquels je partais (pas d'allocation de recherche et pas d'amis haut placés). Donc, voilà...c'est AUJOURD'HUI que je fais mes preuves.

Bon, je ne suis pas encore certaine de ce que je vais mettre. Est-ce que tailleur-pantalon et cheveux en chignon, ça fait trop strict? Oui mais cheveux au vent, ça fait un peu négligé. La jupe, on laisse tomber, je ne serai pas à l'aise. Oh, ben tiens ça me donne mal au ventre d'y penser...

J'ai reçu deux autres convocations à des auditions. Dont une à Marseille la semaine prochaine le même jour qu'une autre audition à Paris. D'ailleurs je crois que je vais zapper Marseille puisqu'il y a une candidate locale, que le poste a été fait pour elle et qu'en plus je la connais.

Bon...normalement je devrais avoir la réponse ce soir....franchement, si je suis encore 2e comme à Jobcity, ben vous pourrez m'appeler le Poulidor de la recherche.

Posté par armoni à 10:06 - Armo cherche du boulot - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2007

Votez pour moi

Alors voilà, dans la réjouissante série : « Trouve un boulot à la fac », j’arrive à l’ultime étape de sélection : l’AUDITION.

Bon, c’est un peu comme à la Nouvelle Star, tu passes devant un jury qui est plus ou moins attentif et toi, tu dois montrer que tu n’es pas le/la candidat(e) de base à la con mais que tu es vraiment SUPER compétente au niveau recherche, que tu as CARREMENT l’expérience pédagogique nécessaire et que par-dessus tout, ce qui te différencie des autres, c’est que tu es SUPER sympa et drôle en plus (mais sérieus(e) quand même) et tout ça en gardant une certaine modestie. OUF !!!

Pour l’instant, je n’ai eu que 5 réponses sur les 23 dossiers envoyés…2 refus et 3 auditions. Sur ces 3 postes, il y a mon préféré, LE poste que je veux, celui pour lequel j’ai carrément le profil, l’audition est jeudi. Les deux autres seront pour plus tard dans le mois et m’intéressent moins. Je dois même dire qu’il y en a un qui était vraiment le dernier de la liste, celui sur lequel je blaguais car je ne corresponds pas vraiment au profil (qui ne m’intéresse absolument pas) et en plus c’est dans une ville de province (Bledville) moche et loin de tout et puis y a même pas de labo de recherche intéressant bref, ce poste c’est la loose, je pense que je ne vais même pas aller à l’entretien. Je préfère ne pas avoir de poste cette année que d’aller à Bledville où personne n’ira me voir car le TGV n’y va même pas.

Sinon, je glane des info sur ZE poste en vue de jeudi. On est 4 candidats et il parait que nous sommes deux mieux placées que les autres. Du coup, je flippe car je viens de découvrir qui est l’autre fille et ça ne s’annonce pas si bien...mais pourtant, C’EST MOI LA PLUS SYMPAAAAAAAA !!!! Siouplait, engagez-moi.

En tous cas, chers lecteurs soyez gentils, priez pour moi jeudi, j’en ai vraiment besoin.

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27 mars 2007

Je rêve oh oui mon frère et ça vaut tous mes mois d’salaire

Je rêve oh oui mon frère et ça vaut tous mes mois d’salaire

Bon, ben voilà, j’ai enfin fini mes dossiers de candidature pour les recrutements de maîtres de conférences. Je peux postuler dans 3 sections. Il y a certains postes pour lesquels mon profil est tout à fait pertinent, d’autres…j’ai un peu abusé mais on ne sait jamais…peut-être que les recruteurs vont voir mon super CV et se dire « Whaou ! Cette fille est géniale, on doit absolument l’engager !!!! ». Franchement, moi, je m’embaucherais…

Donc, j’ai postulé sur 23 postes. Au début quand j’ai fait mes déclarations de candidature sur Internet, je ne m’étais pas rendue compte de ce que 23 dossiers signifiait en terme de photocopies, d’enveloppes et de timbres.

Alors dans chaque dossier on doit mettre : 1 photocopie de carte d’identité, une copie de la déclaration de candidature datée et signée, un CV (avec publication, liste des enseignements et descriptif de la thèse), une photocopie du diplôme de doctorat et une enveloppe timbrée à son nom et adresse. Ensuite dans cette enveloppe, on doit ajouter deux autres grandes enveloppes contenant, chacune : un CV (avec publication, liste des enseignements et descriptif de la thèse), une copie de la déclaration de candidature datée et signée et une copie du rapport de la soutenance de thèse. Chacun de mes dossiers contenait ainsi 66 feuilles. Comme il faut 3 exemplaires de la déclaration de candidature par dossier et qu’elles sont à chaque fois différentes (puisque contenant le nom de l’université et le code du poste), cela veut dire que j’en ai daté et signé 69. A la fin, j’écrivais « Fait à Marion, signé Paris » !

J’ai dû aller à la Poste en deux fois car chaque dossier pesant 390 grammes, j’en avais pour presque 9 kilos de dossiers !

Pour vous donner quelques chiffres (car je me suis amusée à compter !), j’ai fait 1518 photocopies (heureusement à la fac où je fais mon post doc mais chut !!!!). Les 23 enveloppes timbrées jointes au dossier m’ont coûté 12,42 euros, à cela il faut ajouter l’affranchissement des dossiers à 2,90 euros pièce soit 66,70 euros et donc un total de 79,12 euros de timbres ! La Poste peut me dire « Merci! ». J’ai pas envoyé les dossiers depuis la fac car je n’ai aucune confiance dans leur service courrier et puis c’était un peu abusé après toutes les photocopies que j’avais faites ! (Mais en fait, je suis trop conne de ne pas abuser de cette fac qui me doit deux mois de salaire pour mon post doc…)

Je n’ai pas compté combien ça m’a coûté en enveloppe mais les grandes en papier Kraft, c’est pas donné…disons 10 euros mais c’est sans doute plus…. Coût total, donc, près de 90 euros et pas mal d’heures à refaire mon CV, faire des photocopies et les mettre dans des enveloppes. J’espère qu’avec tout ça je vais avoir un poste ! J’ai postulé partout en France même dans des endroits reculés où il n’y a même pas la TNT et où je n’ai aucune envie d’aller. Sur ces 23 candidatures, j’ai hâte de voir combien d’universités vont me contacter pour une audition…et après les auditions, serai-je classée première dans l’une d’elle ? Franchement, je l’espère…

dossiers

 
Je rêve, oh oui mon frère, et ça vaut tous mes mois d'salaire
Ma couette est le repaire où j'mène une vie pépère
J'libère le monde amer, et même si j'y reste fier
J'aurai du mal à refaire tout c'qui va de travers

Tryo, Yakamoneyé

Posté par armoni à 18:59 - Armo cherche du boulot - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 février 2007

Le jour où j’ai rencontré « Dieu » 2

2e partie

Autant le dire tout de suite, je déteste le piston, avoir des faveurs grâce aux relations que l’on a et non grâce au seul mérite de ses compétences est quelque chose que je supporte très mal. Oui mais voilà, la campagne des recrutements universitaires va s’ouvrir très bientôt et se faire connaître dans de tels évènements fait partie du cirque, du cérémonial auquel on doit se plier pour avoir un poste. Je vous l’avoue sans aucune modestie mais si les recrutements ne se basaient que sur la qualité du CV, je serais beaucoup moins inquiète. Car j’ai un bon CV mais peu de relations. Pendant des années, dans les colloques, je n’ai jamais été de celles qui sautaient sur tous les chercheurs connus en leur brandissant mon CV et en les bassinant avec ma thèse. Non, moi, j’ai toujours plutôt traîné avec les autres doctorants à déconner et à me lamenter sur ma thèse-mon fardeau. J’ai plusieurs fois sympathisé avec des chercheurs plus aguerris mais ça s’est fait de manière naturelle, souvent par le fruit du hasard. Enfin, tout cela pour dire que je me suis résigné vendredi à jouer le jeu de la fille qui se fait connaître afin que l’on mémorise son nom au moment de l’examen des dossiers de candidature.

Bibi, ma directrice, a aussi joué le jeu me présentant à tous les papes du domaine. Chacun me demandait quand j’avais soutenu ma thèse et si j’avais été qualifiée. (Ah oui alors, les qualifications pour faire vite pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une validation de notre dossier par des experts qui, en nous octroyant une qualification dans une discipline nous autorisent ainsi à postuler à des emplois dans cette discipline. En somme, c’est indispensable.) Oui j’ai été qualifiée et j’ai même eu deux qualifications, dans deux sections disciplinaires différentes (la classe). Ah mais c’est très bien ça, mademoiselle. Ensuite, nous sommes allées, Bibi et moi à la pêche aux infos en demandant à chaque chercheur « Il va y avoir un poste dans votre université ? ».

Et puis, Bibi a fini par me présenter à Dieu. Je lui ai serré la main et il m’a dit « Je dois vous féliciter doublement, pour la soutenance et pour les qualifications, je crois. » Oui, car même si je n’avais jamais parlé à Dieu, celui-ci connaît tout de moi. Il a suivi toute la progression de ma thèse : mes questionnements, mes doutes, mes découragements, mes moments de génie aussi, il sait tout de ma vie de jeune chercheure. Pourquoi ? Parce que Dieu est le conjoint de Bibi. Oui, elle, si belle, si douce, si gentille…elle est avec Lui (si laid, si méchant, si méprisant, etc.)…et cela au grand désespoir de tous mes camarades masculins à la fac qui étaient tous amoureux de Bibi quand nous étions étudiants. C’est comme cela, parfois il y a des attirances qui nous dépassent.

Bibi m’a également présenté Monsieur C., un chercheur plutôt connu d’un cinquantaine d’années, que je n’avais jamais vu mais qui occupe plusieurs postes stratégiques dans le monde de la recherche. Et là, c’est officiel, je suis amoureuse de Monsieur C. Je l’ai trouvé super séduisant, un sourire ravageur…Ah ! Monsieur C. !

Dans l’après-midi, pour écouter les conférences, j’étais assise à côté de Bibi. Là, je dois parler d’un truc qui est bien quand on a fini sa thèse, c’est que les rapports avec le directeur de recherche changent (bon, j’imagine que ce n’est pas forcément une généralité). Maintenant, Bibi me fait la bise et on a des discussions plus personnelles. Déjà, le fait qu’elle m’ait présenté à Dieu est un signe de changement. A un moment, il y avait une table ronde avec notamment Dieu et Monsieur C. J’ai alors glissé à l’oreille de Bibi : « Monsieur C. est vraiment bel homme ! », elle m’a répondu « Oui, il a beaucoup de charme, n’est-ce pas ? ». On a rit et puis, je lui ai dit que j’avais déjà remarqué qu’on avait les mêmes goûts dans ce domaine.

Mon regard s’est alors posé sur le visage de Dieu et je me suis dit en mon fort intérieur « Euh peut-être pas toujours les mêmes goûts, en fait. »

Posté par armoni à 20:17 - Armo cherche du boulot - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 février 2007

Le jour où j’ai rencontré « Dieu » 1

Première partie

J’ai fait une thèse interdisciplinaire. Une de mes deux disciplines est plutôt bien implantée en France depuis les années 70 et est composée d’une bonne communauté de chercheurs. L’autre est quasiment ignorée dans notre pays et les personnes qui s’y intéressent sont plutôt considérées comme marginales. Quoiqu’il en soit, dans les deux disciplines, l’objectif de la jeune chercheure que je suis est de se constituer un réseau de connaissances qui permet, par la suite, d’être contactée pour des conférences, articles voire postes. C’est comme ça que ça marche, il faut se prêter au jeu sous peine d’échouer professionnellement.

Vendredi, donc, je suis allée au cirque de ma première discipline. Je m’explique. Dans cette discipline a lieu chaque année une journée d’étude thématique qui réunit chercheurs jeunes et moins jeunes. Ca fait des années que ça dure et chacun y va, non pour se tenir informé des nouvelles tendances scientifiques mais pour se montrer. Le public qui assiste aux conférences est très stratifié : des étudiants plein d’espoir aux vieux chercheurs plein de suffisance en passant par les jeunes chercheurs plus blasés mais qui jouent le jeu quand même (ma catégorie). La hiérarchisation est visible dans l’organisation de l’espace proxémique de la salle (héhé, j’adore balancer des phrases comme ça). Bon, en gros, ça veut dire que si l’on regarde où les gens s’assoient dans la salle, on peut deviner à quelle catégorie ils appartiennent. Du plus loin que je m’en souvienne, lors de cette grand messe annuelle, j’ai toujours vu les étudiants s’asseoir en haut à gauche dans la salle et les chercheurs confirmés, les célébrités, en bas à droite. Ca a toujours été comme ça. Aussi, pendant des années, je me suis installée en haut à gauche.

Vendredi, en arrivant dans la salle de conférences, j’ai remarqué que ces rangées étaient occupées par mes anciens étudiants. J’ai jeté un coup d’œil en bas à droite et y ai vu plusieurs chercheurs que je connais plutôt bien (dont Bibi, ma directrice de thèse). J’ai donc pris mon courage à deux mains et suis descendue en bas m’installer parmi eux et faire quelques bises et comment vas-tu Bernard ? Bien sûr que je connais Jean-Pierre, on s’est vu à un colloque à Toulouse en 2005, etc. J’ai remarqué quelques regards dans la salle semblant dire « Mais qui est cette jeune fille assise entre machin chose et bidule chouette ? ».

C’est drôle d’ailleurs de voir comment même les chercheurs installés font des courbettes devant plus connu qu’eux. A cette journée d’étude, comme toujours, Dieu était là. Dieu c’est celui qui a fait de la discipline ce qu’elle est aujourd’hui, il a tout fait, écrit sur tout et a été le directeur de recherche de la plupart des brillants chercheurs qui sont eux-mêmes directeurs aujourd’hui. Dieu est intelligent, Dieu est un puits de science mais Dieu est difficile à vivre. Personnellement, je n’aime pas beaucoup Dieu : il est laid, méchant, suffisant, méprisant. Pour tout vous dire, il n’assiste même pas aux conférences, il reste dans une salle à côté à bouquiner car il n’a rien à apprendre des autres communicants. Il n’entre dans la salle que pour faire son show. Il y a quelques années, j’étais une jeune étudiante alors, je l’ai entendu commencer une conférence ainsi : « Bon, je ne me souviens plus quel est le titre de ma conférence mais ceux qui me connaissent savent bien que je ne prépare jamais mes discours et que je préfère improviser. » Il avait ensuite rabâché quelques unes de ses théories vieilles de 20 ans, certaines mêmes un peu dépassées. Les fidèles des premiers rangs en bas à droite étaient tout émoustillés et fascinés par les paroles du maître. En haut à gauche, on était beaucoup moins séduits. A la fin, au moment des questions, une jeune fille a émis quelques critiques à l’encontre de ce que Dieu venait de dire, ce qu’elle disait était très juste et bien argumenté. Les fidèles l’ont alors regardée terrifiés -critiquer Dieu, quelle impertinente-. Dieu a répondu : « Apparemment nous ne sommes pas d’accord alors je ne vais pas me rabaisser à vous répondre. » Et elle a eu cette phrase magnifique et terriblement osée « Eh bien votre non-réponse parle d’elle-même. » Je ne l’ai jamais oublié car j’étais en admiration devant cette fille qui a certainement flingué sa carrière ce jour-là en faisant ce que je n’ai jamais osé faire.

Posté par armoni à 13:48 - Armo cherche du boulot - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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