Une fois arrivés chez James, celui-ci nous a annoncé que pour les femmes, il avait une chambre de deux et une de trois et qu’il fallait se dispatcher. Comme personne ne se décidait rapidement, j’ai annoncé : « OK, je vais prendre la chambre de 3 avec Odette et Nathalie et Prisca et Chantal peuvent prendre la chambre de deux, ça vous va ? ». Notre chambre de trois ressemblait à la maison des trois ours de Boucles D’or. Il y avait un grand lit, un moyen et un petit. Après avoir investi le petit lit et laissé les deux autres à mes collègues, nous sommes descendues voir comment les autres étaient logés. Le mieux était Nounours qui dormait dans la chambre de notre hôte (je ne sais d’ailleurs pas où a dormi James pendant le séjour). Au centre de la chambre trônait un imposant lit à Baldaquins. Il y avait également une machine à UV car j’ai oublié de préciser que James avait un bronzage parfait.

Nous étions tous sur le palier du premier étage à admirer la chambre de Nounous lors que James nous a demandé ce que nous voulions faire et surtout quand nous voulions manger. Chantal a expliqué que nous étions partis de Paris dimanche après-midi, que nous avions passé la nuit sur le ferry, que nous avions passé la journée de lundi à faire des visites et qu’en ce lundi soir, nous rêvions tous d’une douche. A ce moment-là, James a attrapé le bras d’Odette, l’a soulevé, lui a sniffé l’aisselle et a déclaré « oui c’est vrai, vous avez besoin d’une douche ! ». Pour mieux vous imaginer la scène, il faut savoir qu’Odette est une femme qui vient de fêter ses 60 ans, elle est cool mais a toujours la classe et à plusieurs moments de la journée, on la voit sortir son peigne de son petit sac à main et arranger son brushing, ce qui lui vaut depuis des années quelques remarques taquines de ma part. Mais sans méchanceté car j’adore Odette et en plus elle est venue à ma soutenance de thèse (cette dernière information n’a aucun intérêt mais je la donne quand même.) Après avoir distribué les tours de passage de pour l’unique salle de bains, nous avons tous regagné nos chambres respectives. J’ai alors dit à Odette « Il t’a reniflé les dessous de bras quand même !!! », ce à quoi elle a rétorqué « Ouais, putain ! ». Je suis alors descendue en courant dans la chambre de Chantal pour lui annoncer la terrible nouvelle : « On a un problème terrible avec Odette : elle a dit Putain ».

Une fois lavées et changés, nous sommes descendus dans la salon où James nous avait préparé l’apéro : vin blanc et rouge et petits canapés de saumon et d’œufs de lompe. Et là, je dois dire que ça m’a tuée. C’est la première fois qu’une famille d’accueil nous reçoit aussi bien. C’est très rare qu’on nous donne de l’alcool et encore moins des canapés. Et ça été comme ça tous les soirs. Malgré les apparences, James était un hôte hors pair et nous a reçu comme des princes et princesses, ce qui n’est pas étonnant puisque James est un roi lui-même.

Et oui, il nous l’a annoncé comme ça direct le premier soir en prenant l’apéro : « Je suis en fait le roi de France en exil. » Ha ha ce type est fou ou bourré mais plus vraisemblablement les deux en même temps. Mais en fait, à bien y regarder sa maison était pleine d’objets anciens, certains sans doute de valeur, notamment une collection d’armes impressionnante: une lance Massaï, une canne qui se transforme en épée comme celle de John Steed et ce qu’il nous a affirmé être le plus grand fusil du monde ! Plusieurs photos de lui jeune conduisant des voitures de collection genre Rolls Royce ou Bentley ont achevé de nous convaincre qu’il était sans doute un aristocrate désargenté.

 

fusil

 
Chaque soir le dîner était excellent. A chaque fois que nous le complimentions sur sa cuisine, James nous rétorquait : « c’est pas moi, c’est le chef. » Ha ha. « Oui, j’ai un chef mais il a tout préparé avant que vous arriviez et il a dû partir tôt ce soir car il possède son propre restaurant et il a beaucoup de travail. » Et tous les soirs de la semaine, il s’est amusé à nous faire croire qu’il avait un chef cuisinier et nous qui le voyions faire la cuisine, faisions semblant d’y croire. L’avant-dernier soir, il nous a annoncé que nous verrions le cuisinier le lendemain, qu’il passerait nous dire bonjour. Evidemment, comme nous sommes allés au supermarché ce soir-là, nous sommes rentrés un peu plus tard. James nous a annoncé que malheureusement, nous avions raté le chef, mais que celui-ci nous avait laissé un mot. Il nous a effectivement produit un mot de la part du cuisinier (mais écrit de la main de James évidemment).

pubLe mercredi soir, nous avons voulu aller boire un verre au pub et avons invité James (que nous commencions sérieusement à adorer). Il a dit OK, je me prépare et on y va. Ca a pris un temps fou ! Car pour la première fois depuis le début de notre séjour
chez lui, il a changé de vêtements : chemise blanche éclatante, gilet en tissus, cheveux peignés et…santiags !  Le dandy !

Remarquez, le dernier soir au pub, c’était pire ! James et moi avions organisé une petite surprise pour l’anniversaire de Chantal. J’ai emmené les filles au pub et lui, s’est pointé un peu après avec un super gâteau et des bougies, ça a fait super plaisir à Chantal.

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Et pour célébrer l’occasion, James avait mis son chapeau Guinness, avec des mini Guinness qui pendent ! Je ne pouvais pas ne pas lui piquer !

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