Bon, alors reprenons…

Vous vouliez donc savoir quelles sont les pièces à joindre au dossier de candidature de Maîtres (Jedi) de Conférences. Quoi ? Vous n’avez pas consulté le Journal Officiel du 16 février 2007 ? Comment ça on n’y comprend rien ? Mais c’est l’administration ça ma brave dame, de l’art de rendre compliqué un truc tout simple…

Ah ? Non ? Ce n’est pas pour cela que vous vous êtes empressés de visiter mon blog aujourd’hui ? Vous êtes sûrs que vous ne voulez pas que je vous parle des dossiers MCF ? Vous préférez que je vous parle de Carla ? Oh, vous n’êtes pas drôles, vous savez !

(parce que sinon, j’ai vraiment mené une étude de fond sur les dossiers de recrutement, hein ?)

Bon, alors, je m’étais arrêtée au déjeuner de mardi midi, lorsque nos collègues masculins nous ont demandé ce que nous allions faire sans eux. J’ai répondu « Nous allons à la Mosquée. ». Oui alors que tous ceux qui s’étaient imaginés des trucs sexuels remballent leur langue pendante, vous n’y êtes pas du tout. La vérité, c’est que sommes allées à la grande mosquée de Paris pour faire un hammam. Eh oui, Milie avait vu juste et avait dévoilé mon secret dès le 3e commentaire de ce post ce qui m’avait un peu fichu les boules mais, bon, j’ai quand même plus ou moins réussi à semer le doute parmi vous. 

Les plus curieux d’entre vous, les plus tatillons aussi vont s’empresser de me demander : mais pourquoi fallait-il impérativement être deux ? Et c’est quoi cette histoire de jambes en l’air à la fin ? Hein, Armo ? Eh bien, chers amis, je vais tout vous expliquer.

Mais, voyageons tous de suite un peu dans le temps et arrêtons nous à ce fameux jeudi soir où Carla et moi sommes allées à la Mosquée.

Le hammam est évidemment réservé aux femmes. On paie à l’entrée pour tous les services que l’on souhaite : massage, gommage, savon noir, thé à la menthe… Vu les prix, Carla et moi avions décidé de nous en tenir au minimum : entrée (15 euros quand même), savon noir et thé. Je ne voulais pas qu’on me fasse un gommage genre Karcher car je tiens aux grains de beauté de mon dos, je préférais maîtriser ça toute seule. Je ne voulais pas non plus me faire masser par une des employées du hammam car le massage ne dure que 10 minutes, est fait à la chaîne et j’avais entendu dire que les masseuses n’étaient pas très sympathiques, ce que je confirme. A leur décharge, elles passent leurs journées dans un endroit suffocant mais quand même…Lorsque l’on est dans le hammam, ces masseuses débarquent à tout moment, nous sautent dessus et nous hurlent à la face : « Madame, massage ? » Euh, non je n’ai pas demandé de massage, merci. Une fois ça va mais au bout du 5e « Madaaaaaaame, massaaaaaaaaage ???? », je commençais à être un peu lassée.

Après avoir payé, nous nous sommes dirigées vers les vestiaires. Euh rectification, vers le couloir de placards. Il s’agit en effet d’un long couloir, très étroit et réduit de moitié par une rangée de casiers. On n’a pas beaucoup de place pour se changer, aucune intimité et pas beaucoup de surface sèche où poser ses affaires. Carla et moi, nous sommes déshabillées et nous nous sommes alors posées une question cruciale : dans quelle tenue allons-nous au hammam ? Le nu intégral étant apparemment relativement rare dans ce hammam (enfin, d’après ce que j’ai pu constater), nous étions d’accord sur le fait que le bas de maillot de bain était un minimum (ne serait-ce que pour des questions d’hygiène). Pour le reste, nous avons fait comme la majorité des femmes, nous avons laissé le haut du maillot au vestiaire. (Alors, pour tous les garçons curieux qui se posent la question, je vais répondre tout de suite : oui, mes seins sont plus gros que ceux de Carla, voilà, c’est dit, fin de la discussion).

Nous sommes ensuite passées dans une première salle du hammam, la température était chaude mais pas trop ce qui nous a permis de nous accoutumer à la chaleur. Ensuite, nous nous sommes enduites de savon noir pour éliminer l’excès de sébum de la peau puis douchées. Puis, passage dans une salle plus chaude où nous avons remis ça avec le savon noir. Déjà, les petites peaux mortes se décollaient de notre corps. On les a d’ailleurs achevées au gant de crin. C’est fou la quantité de peau morte qu’on a sur nous, un vrai cadavre ambulant ! On a ensuite voulu tenter la super salle chaude, j’ai tenu 1 seconde et quart, Carla, plus téméraire est restée au moins une demie seconde de plus. Infernal.

On a papoté de tout un tas de trucs : les hommes, la chirurgie esthétique, les hommes bizarres, la cellulite, les hommes pas clairs, les produits de beauté et les hommes immatures.

Nous nous sommes ensuite douchées (c’est drôle j’avais fait une faute de frappe au début, j’avais écrit « touchées » au lieu de « douchées » !), séchées et nous avons enfilé un peignoir. Nous nous sommes enfin vautrées dans la salle de repos sur des banquettes-coussins, nous avons bu notre thé et nous nous sommes enduites de crème hydratante. On hallucinait complètement sur la beauté de notre peau après ce hammam. Nous étions allongées sur le dos les jambes en l’air (ah ah ah) et nous admirions leur douceur et leur velouté.

J’ai fait remarquer à Carla que le labo avait bien fait de m’engager car même si je ne suis pas une brute en statistiques, je suis une super partenaire de hammam. Car en effet, c’est bien d’être deux pour aller au hammam : on peut se passer le savon, se passer le gant de crin et se mettre de la crème mutuellement, tout particulièrement dans le dos. Voilà !