Jeudi soir, mon amie Caro et moi avons passé la soirée avec Pierre (soupir rêveur)…ah Pierre ! (soupir troublé)…hum Pierre ! (soupir émoustillé)…oui Pierre ! (soupir lubrique)…bon là, vous vous dîtes, j’ai déjà lu cette entrée, elle va parler de Pierre Arditi…eh bien non, il y a un autre Pierre dans ma vie…D’ailleurs je crois que j’ai quelque chose avec les garçons qui s’appellent Pierre…quoique je ne suis jamais sortie avec un Pierre…Est-ce que les Pierres font de bons compagnons ? Sont-ce des bêtes de sexe ? Savent-ils jardiner ? Sont-ils capables d’ouvrir des huîtres sans se blesser ? (et sans râler ?)…si vous avez des témoignages à ce sujet, n’hésitez pas…

Mais revenons à nos moutons, plus précisément au Pierre en question. Il s’agit de l’incroyable, du talentueux, du charismatique Pierre Lapointe.

Jeune chanteur québécois aux chansons bouillonnant de créativité, d’inventivité, de beauté tant sur la musique que sur les paroles. Je dois ici rendre à César ce qui lui appartient et reconnaître que c’est Yvon et sa compagne qui m’ont fait découvrir ce chanteur en m’offrant l’album « la Forêt des Mal aimés » quelques jours après sa sortie au Québec. Je connaissais déjà la chanson « Le Columbarium » mais je n’étais pas allée plus loin dans la découverte de cet artiste.

Jeudi, nous sommes allées l’écouter à La Boule Noire, petite salle parisienne d’à peine 200 places, à côté de La Cigale, à Pigalle.
Comme le placement était libre, Caro et moi sommes arrivées vers18h pour avoir une bonne place. Mais le trottoir devant la salle de concert était désert. Nous sommes donc allées boire un kir dans un café à côté. Kir que je me suis à moitié renversée dessus en faisant de grands gestes pour expliquer un truc à Caro. Super, j’étais bien trempée et je risquais de sentir l’alcool… « Mon dieu ! qu’est-ce Pierre va penser de moi ? ».

A 19h, soit une heure avant le début du spectacle, nous sommes retournées devant l’entrée de la Boule Noire. A peu près en même temps sont arrivés : une jeune fille, un homme de 35 ans environ et un jeune garçon blond. Nous avons commencé à papoter de Pierre Lapointe, de la scène québécoise et française actuelles. Le garçon blond n’avait pas de billet et cherchait à en acheter un à la dernière minute. La file d’attente s’allongeait petit à petit…

On se moquait un peu d’un petit groupe de personnes qui commençait à se rassembler devant la Cigale : blouson de cuir, dégaine de papy rockeur, pas de doute possible : des fans de Johnny. Ils commençaient eux aussi à faire la queue pour avoir une bonne place au concert de l’idole des jeunes plus trop jeunes…sauf que le concert de Johnny Halliday à la Cigale avait lieu…le lendemain ! Voilà une différence majeure entre Pierre et Johnny : pour avoir une bonne place au concert du premier, il suffit d’arriver 1h avant et au concert du second 24h avant. (Bon, il y a beaucoup d’autres différences mais je ne voudrais pas blesser les fans de Johnny qui lisent ce blog). Les fans s’apprêtaient donc à camper sur place, par une température peu accueillante. D’ailleurs, lorsque nous sommes repassés devant eux après le concert de Pierre Lapointe. Ils étaient assis sur leurs sacs de couchage et attaquaient le saucisson et le gros rouge qui tâche.

A 19h45, nous avons pu enfin entrer dans la salle de concert. Nous étions les premiers. Nous nous sommes installés au premier rang et avons gardé une place pour le garçon blond au cas où. Celui-ci est arrivé peu de temps après, heureux d’avoir pu acheter un billet à quelqu’un qui ne pouvait finalement pas assister au concert. Caro et moi étions assises exactement au centre de la rangée. Si bien que, lorsque Pierre Lapointe est arrivé sur scène, il était juste devant nous. L’estrade était basse, ce qui fait qu’on ne voyait pas que ses pieds mais bien son corps en entier. Lors de la dernière chanson, nous étions tous debout. On était alors si près de lui que si j’avais tendu les bras, j’aurais pu le toucher…ce n’est d’ailleurs pas l’envie qui m’en manquait !

Pierre_Lapointe_2

Le spectacle était en deux parties…la seconde était meilleure car le chanteur et ses musiciens (extrêmement talentueux soit dit en passant) étaient plus à l’aise et plus enclins à déconner avec le public qui était également un peu plus libéré.

Pierre Lapointe a une voix extraordinaire qui est encore plus belle en live que sur l’album, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Il a beaucoup de charisme et un humour très second degré où il se fait passer pour un mec super prétentieux avec la grosse tête alors qu’il semble plutôt être un homme réservé. Nous l’avons trouvé très drôle.

Pierre_Lapointe

Le soir, j’ai dormi chez Caro et la première chose que nous avons faite en rentrant a été de réserver des places pour son prochain concert à Paris en avril !
Je dois vous dire que j’aime tellement les textes de Pierre Lapointe que j’ai mis les paroles d’une de ses chansons comme citation d’entrée de ma thèse. Je vous mets ci-dessous, un copié/collé de cette page de ma thèse. Les paroles me touchaient particulièrement…

 Au pays des fleurs de la transe

La libellule au front
L’oeil caché au creux des mains
J’irai tête première dans les champs de blanc chemin
Trouver les yeux de mon frère.

Car il ne reste plus rien
Plus rien que quelques souvenirs
Du plus épinel de ma vie
Du cercle éternel qui vieillit 

Et si toujours comme au passé
Il revient pour me terrasser
J’irai pieds nus marcher
Dans la forêt des mal-aimés 

L’épopée fantomatique commence
Au pays des fleurs de la transe
Les cheveux accrochés au vent
Je partirai les pieds devant
Le sourire amer d’irrévérence
Au pays des fleurs de la transe
Adieu ivresse
Adieu mouvance
Adieu rescapés de la chance
Je couperai ma barbe à coups de barbelés
Je couperai ma barbe à coups de barbelés 

J’irai pieds nus dans la forêt des mal-aimés
Aveuglé par la grandeur du blanc maculé
Cueillir la fleur déjà fanée de quelques années piétinées
A marcher dans les sentiers vacants des regrets désenchantés
Dans la forêt des mal-aimés
Dans la forêt des mal-aimés

Vite à genoux le temps passé
Vite les amours oubliées
Je couperai ma barbe à coups de barbelés
Je couperai ma barbe à coups de barbelés

 Au pays des fleurs de la transe de Pierre Lapointe

Sur l’album La Forêt des mal-aimés (2006)

Une chanson beaucoup écoutée pendant la rédaction de cette thèse.